Ce mercredi, c’est avec un immense plaisir que l’équipe du CDIA 66 assistait à la remise des trophées des « catalans qui gagnent ». Après, l’an passé, la mise en avant de la carrière exceptionnelle du Général d’Armée Aérienne (5 étoiles), Manuel Alvarez et du jeune Tom Pajot, retenu pour les « cadets de l’Air », qui depuis a réussi les sélections « Cadets Easyjet », cette année, c’est Michel Jouary qui était mis à l’honneur pour sa magnifique carrière aéronautique.
Après 14 ans en qualité de caméraman et photographe de la Patrouille Acrobatique de France, Michel vient de quitter l’institution pour une retraite bien méritée. Une fois de plus c’est une carrière exemplaire et insoupçonnée qui est mise à l’honneur. Des discussions que nous avons pu avoir avec lui, sur son extraordinaire métier, ressortent 3 mots l’EXIGENCE, la RIGUEUR et la MISSION. Bien évidemment, pour notre « regard extérieur » le premier mot qui pourrait nous venir à l’esprit est le mot PLAISIR... Et bien, non, ce sentiment-là n’arrivent qu’après... J’avais, à l’époque, médité sur une interview de Jacques Rosay, le chef des pilotes d’essais de l’Airbus A 380... Ce sont les mêmes réponses qu’il apportait aux journalistes, excluant toute notion de « plaisir » pendant les phases d’essais. Jacques Rosay expliquait qu’en vol le mot plaisir aurait pu être coupable et enlever à la mission une vigilance de tous les instants qui fabrique ce petit matelas de sécurité qui fait la différence dans les moments les plus extrêmes C’est seulement la MISSION accomplie, que les équipes mesurent, apprécient la réalité du chemin parcouru et ouvrent la porte à la notion de plaisir... Ainsi, Michel qui aura effectué son dernier vol le 4 août, me confiait dernièrement que ce n’est que maintenant, avec ce temps de recul,que petit à petit « le plaisir prenait sa place »... Ne croyez pas, pour autant, que ces personnes sont devenues des « machines ». Bien au contraire, ils puissent ces ressources dans une immense agrégation de valeurs humaines !
Plusieurs fois le CDIA 66 aura croisé le chemin de Michel, chaque fois il aura été au service de notre projet pour les jeunes. Que ce soit, lors de l’année COVID où il était à la caméra, au « point central », sur le tarmac où nous avions rassemblés 200 jeunes du Département, pour une présentation exceptionnelle de la PAF (Michel m’a indiqué qu’il n’a vu une telle opération qu’une seule fois en 14 ans...), à la conférence que nous avions organisée avec la PAF au sein de l’auditorium Crédit Agricole, où encore, chaque été, lors de notre « habituelle » remise des diplômes du Brevet d’Initiation Aéronautique par les pilotes de la PAF. De ces moments partagés nous avons pu apprécier le talent de notre Catalan et quelques une des extraordinaires photos qu’il aura pu réaliser au sein de la PAF en étant bien, lui-même, l’ambassadeur de ce remarquable ballet qui fait rêver jeunes et moins jeunes...
Je souhaite vous faire partager la genèse de deux d’entre elles , celle du stade Aimée Giral et du Campo Santo réalisées en fin de journée le mercredi 9 juin 2021... appelés 3 semaines plus tôt par la Patrouille de France, nous savions que nous allions pouvoir faire vivre aux jeunes du CDIA, des Cadets de la défense et de différents établissements scolaires une journée EXCEPTIONNELLE. Tous concentrés sur une organisation hors normes, nous ne savions pas que Michel avait lui aussi envie d’immortaliser, à sa manière, tout ce déploiement, sur son département... Ainsi, une semaine avant, était arrêté par l’équipe de la PAF, le survol, après la manifestation, de la ville de Perpignan pour des photos d’exception... Pour réaliser « la Photo »... ce n’est pas à huit mais à neuf avions que la patrouille décollait de l’aéroport de Perpignan. A peine en bout de piste replacés en formation « diamant à neuf » qui est exceptionnelle puisqu’elle intègre l’avion du remplaçant, la PAF venait nous saluer avant de disparaitre, en bout de piste, vers Perpignan... La préparation de la semaine donnait au leader les caps, les vitesses et altitudes pour immortaliser ce survol. Dans l’Alphajet numéro 9, le « remplaçant » passait sur le dos et venait se placer quelques dizaines de mètres au-dessus des 8 autres, légèrement en retrait, pour offrir, à Michel, la tête en bas, l’angle parfait pour immortaliser tout à la fois les 8 alphajets mais également un « arrière-plan » d’exception. C’est donc suspendu aux bretelles de son siège éjectable, l’appareil photo en bout de bras, à 320 Nœuds (environ 180 mètres par seconde) que Michel doit ouvrir l’œil pour capturer l’instant T où « le charognard » viendra se centrer sur la place du Campo Santo, où l’ombre de la patrouille, en formation, viendra s’inscrire sur la pelouse d’Aimé Giral. Le profane peut, alors, s’émerveiller, dans l’ombre toute la logistique de l’équipe de la PAF peut, elle, se satisfaire de la MISSION accomplie ! Autre moment rare que nous avons eu l’immense joie de partager, ce 14 juillet 2025... Après avoir ouvert le défilé parisien, avec tout ce que cela comporte de mise en lumière médiatique, après un vol de transit entre Villacoublay et Perpignan, pour la troisième fois de la journée Michel montait en place arrière de l’Alpahjet N° 7 pour ce qui allait être son dernier survol du pays catalan, lors de l’entraînement du Barcarès en vue de la présentation du lendemain. A la fin du vol, les Alpahjets parfaitement alignés sur le tarmac de Perpignan, les pilotes se sont regroupés autour de leur leader, non pour se congratuler, mais pour applaudir Michel qui pour la dernière fois venait d’immortaliser son pays de cœur... Quelle joie pour nous d’offrir à nos jeunes élèves l’immense privilège de partager ces instants lourds de sens où l’on comprend et mesure l’importance du collectif pour la réussite de la MISSION...
Merci Michel pour tous ces moments partagés, nous sommes heureux de cette belle mise à l’honneur qui valide toutes ces petites victoires quotidiennes qui t’auront permis de vivre ces moments d’exception et permettent à certains jeunes de pouvoir REVER !
Merci aussi à l’Indépendant et au Cabinet de la Présidente du CD 66 pour leur écoute attentive et, ainsi, avoir retenu cette proposition de « mise en avant » d’une personne à la modestie extrême... Être le seul à avoir passé 14 années à la Patrouille de France, être le seul à avoir partagé, les challenges, les difficultés, les émotions, d’une quarantaine de pilotes, qui, comme le disent beaucoup, sont l’élite de l’AAE méritait bien cette reconnaissance...
Ah oui, j’oubliais, Michel, nous aura confié cette année, son fils Sandro qui vient préparer, au CDIA 66,son Brevet d’Initiation Aéronautique avec une magnifique motivation et beaucoup d’engagement... Une façon de boucler une dernière « boucle » ?...